| Lors de chacun de ses passages,
Jazz Boulevard provoque un raz-de-marée nous aurions pu écrire raz de
cave, mais
l’établissement est au raz du sol
(dièse) - sinon une mini-émeute, tant le public se
rue dans ce qui pourrait bien être le
temple (mensuel)
du Jazz Bonne Humeur de ces joyeux drilles,
mélangeurs de genres... Oui, ici où l’on est
plus serrés qu’un expresso, on parle, on rigole swing, on oublie guerre
(n’est-ce pas mon cher Gilles Eparbal?) et turbin, entre deux passages de
filets de perches, sauce “maison”, les garçons portant leurs plateaux à
l’image de ceux du “Saint Louis Blues”
de Dudley Murphy, sublime entre tous: remember?
Le Tout-Genève-qui-refait-le-monde (et il en a
bien besoin) est là, même Geneviève Matthey, Mata-Hari des jazz-bands et
espionne de la chose syncopée, omniprésente (avant-hier elle était à Lyon,
hier elle était à Marseille, demain elle sera à Nice) qui prend des notes:
pour elle, il s’agit là de “vrai Jazz, de Jazz authentique, pas de Jazz
voyou’ et elle s’y connaît! Bref, Jazz Dixie/Swing peut frémir: brrr... Et
ce bon André enfin, ému, attendri, évoquant la disparition de l’armstrongien
“Ain’t Misbehavin”’ de son adolescence.
Bref, on rêve...
Mais, présentation:
Joseph Kaiser (jadis, très jeune trompette au sein de ces Louisiana
Dandies que je présentai sur scène il y a plus de trente ans...);
Henning Deluz (tb), loup blanc des festivals et
jammeur infatigable aux
dons d’ubiquité surprenants; David Burckhardt
(anches), l’adorable Dominique Schwarz (g, vcl)
avec qui je partage, entre autres passions, une bien pendable pour l’immense
Brassens, Pierre-Yves Guyet (b), (qui participa
aux heures de gloire du
Vieux Carré de l’illustre Francis Bonjour), au
sourire et à la gentillesse désormais légendaire et
Alain Mulhauser (dms).
Le répertoire? L'on passe du “West
End Blues” et “Basin Street Blues”
au “Just A Gigolo” de Louis Prima en passant
par “Mademoiselle”, une composition de Thomas
Dutronc, les Beatles même, et quelques
Brassens chantés par le très talentueux Dominique
Schwarz. C’est dire si l’on vogue entre La Nouvelle-Orléans, Las Vegas,
Liverpool et Paris, si l’on travaille dans l’inusable. Or, le
public ne s’y trompe pas (une fois n’est pas
coutume), en redemande et on le comprend !
Aux dernières nouvelles, Jazz Boulevard
n’a pas encore enregistré: il devrait. Enfin, remarque importante: les
boeuffeurs - et ils ne se font pas prier ! - sont
les bienvenus dès 22h30.
Roland
Hippenmeyer
Jazz / Dixie Swing n°39
PS:l'article fait allusion au Restaurant la Nasse. Depuis
mai 2003, Jazzboulevard se produit dans le même esprit à la
Brasserie des Artisans,
Genève.
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